L’art est il le futur de l’entreprise ?

  • Le 12 mars 2018

Le monde de l’art et celui de l’entreprise sont en apparence deux mondes antinomiques. Tout semble les opposer ! L’art est du côté de la sensibilité, du sens et de l’émotion alors que l’entreprise pense rationalité, structuration et organisation. Et pourtant …. Beaucoup d’éléments sont communs aux deux univers et ont été perdus lors du passage de l’artisanat à la révolution industrielle. L’arrivée du digital avec son incroyable capacité à nous remplacer nous fait miroiter une société bien différente où notre créativité serait beaucoup plus sollicitée que notre capacité d’exécution et où la notion même de travail pourrait vaciller voire disparaître.

Identifier et travailler aujourd’hui nos point communs avec le monde de l’art n’est-elle pas la meilleure manière d’anticiper le futur.

La démarche d’un entrepreneur visionnaire est-elle si éloignée de celle d’un artiste ? Tacher de matérialiser, de donner réalité à sa vision ? Vouloir transformer son rêve en réalité, avec une détermination « quasi » existentielle qui ressort de l’intime et de la réalisation de soi beaucoup plus que d’une préoccupation mercantile ?

Ces chefs d’entreprise créent des nouveaux marchés tant ils sont loin des benchmarks et concentrés à rechercher et délivrer un produit véritablement original, différent des autres, incarnant leur singularité.

Ils se donnent pour mission de changer ce monde et fédérer autour de cette intention qui devient un « liant » incroyablement plus puissant que l’argent , l’actionnariat ou le management [par la soumission].

L’entreprise devient communauté et la maximisation du profit ne peut plus être sa seule mission. Impacter le social, l’environnement et de « plus en plus » l’humain devient un enjeu si ce n’est une vocation. Les nouvelles générations ne s’y trompent pas et réclament beaucoup plus que simplement de l’argent en l’échange de leur temps. Elles veulent croire et être fières de leur entreprise et s’y épanouir tant personnellement que professionnellement. La frontière entre le pro et le perso est de plus en plus perméable.

Et la déception, puis la sanction, seront au rendez-vous si l’entreprise n’est pas congruente avec ses missions.

Nos espaces de travail ressemblent de plus en plus à des ateliers d’artistes. Ouverts, détendus, esthétiques, inspirants; ils doivent favoriser la sérendipité et l’innovation. Nous apprenons à faire des brouillons, à expérimenter et à nous tromper à l’instar des artistes.

Nos émotions reprennent doucement place dans nos vies de salariés ou de clients. Elles ne sont plus ni effrayantes ni bannies. Elles trouvent leurs places dans les expériences que les entreprises nous délivrent. L’intelligence émotionnelle et l’empathie deviennent des caractéristiques essentielles. Nous sortons lentement du dictat d’un QI simplificateur pour nous intéresser à des personnalités plus diverses et riches qui sauront être en capacité d’innover et de créer. Vive la singularité !

Le software craftmanship est une tendance chez les développeurs à produire du code informatique beaucoup plus qualitatif, maintenable, et avec une dimension esthétique assumée. Comme un artisan (ou un artiste) qui ne ménage pas son énergie afin d’être fier de son travail qui doit faire rimer utilité et beauté. Même préoccupation chez les Designers de tous poils. Qu’ils s’intéressent aux interfaces, aux produits ou aux expériences. Leur première qualité est l’empathie et leur capacité à donner une dimension plus large à leur conception. Sociétale, Environnementale ou esthétique, leurs produits doivent générer chez nous des émotions. Véritable Graal de l’entreprise car elles garantissent l’ancrage des clients ou des collaborateurs à la marque.

Hier la technologie a remplacé nos muscles et aujourd’hui le digital nous remplace sur nombre de fonctions répétitives ou modélisables. Cette évolution a pour conséquences de nous centrer sur des activités plus créatives et donner encore plus de valeur aux relations humaines et aux émotions qui les accompagnent.

En parallèle la technologie permettra à court ou moyen terme de fabriquer, à coût presque nul, de quoi nous nourrir, nous loger et nous habiller. Pour quoi travailler dans ce contexte ? Comment se réaliser si ce n’est plus dans le travail ? Quid de notre statut social ? Que devient le pouvoir et l’argent dans ce monde ?

Ce futur est-il pour demain ou à beaucoup plus long terme ? Finalement peu importe ! Car L’art peut apporter beaucoup à l’entreprise et simplement se poser cette question ouvre des perspectives.

Laissons « le beau » entrer dans nos murs et posons-nous la question du sens. Tâchons de travailler comme des artisans, avec notre cœur, et laissons nos émotions augmenter notre intelligence. Nous serons ainsi mieux préparer au futur que nous façonne le digital.

Pierre SINODINOS

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