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Lancer un projet sans plan, c’est conduire sans GPS

Rédigé par Balla Camara | 13 mars 2026

Imaginez-vous en route vers une ville que vous ne connaissez pas, sans aucun point de repère ni itinéraire précis à suivre. Sans outil de navigation, chaque décision repose uniquement sur votre instinct, ce qui augmente significativement le risque de vous égarer, de perdre un temps précieux, voire de ne jamais atteindre votre destination. De la même manière, un projet lancé sans préparation détaillée s'expose à de nombreuses incertitudes : absence de vision claire des objectifs, impossibilité d'anticiper les difficultés potentielles et manque de coordination au sein de l'équipe. Tout comme un conducteur sans GPS doit se fier aux panneaux, à des souvenirs vagues ou aux indications des autres, un projet mal planifié est tributaire d'approximations qui peuvent engendrer des erreurs coûteuses. Dans un tel contexte, les ressources sont souvent mal gérées, les délais deviennent imprévisibles et l'ensemble du processus manque de structure. À l'inverse, un plan bien construit joue le rôle d'une feuille de route essentielle. Il guide les équipes de manière organisée, favorise l'atteinte des objectifs et permet d'aborder les imprévus avec efficacité. 

Quels sont les risques majeurs associés à l'absence de planification dans un projet ?

Le lancement d'un projet sans une planification rigoureuse constitue une erreur fréquemment commise, susceptible d'exposer l'équipe à des risques significatifs souvent insuffisamment évalués. Selon les données fournies par le Project Management Institute (PMI), 11,4 % des investissements réalisés dans des projets sont perdus en raison de défaillances dans la gestion, et une analyse plus approfondie met en évidence une réalité encore plus alarmante : 70 % des entreprises reconnaissent avoir essuyé un échec dans au moins l’un de leurs projets. Parmi les principales causes de ces échecs figure l'absence d’une définition claire des objectifs, qui conduit à une fragmentation des efforts et à un manque de concentration sur les priorités.

L'absence d'un calendrier structuré engendre une dilution des échéances, compromettant à la fois le respect des délais et la qualité du travail réalisé. Parmi les facteurs majeurs d'échec des projets, 39 % des organisations identifient les changements fréquents de priorités comme la principale cause. Une autre erreur récurrente réside dans le manque d'analyse des risques potentiels, rendant impossible la mise en place de mesures préventives adaptées. Cette carence expose les projets à des obstacles inattendus, susceptibles de bloquer leur progression. Les données relatives aux projets informatiques illustrent bien cette problématique : 31,1 % de ces projets sont abandonnés en cours de route, sans jamais être finalisés. Plus préoccupant encore, seuls 16,2 % des projets IT aboutissent avec succès, tandis que plus de 71 % échouent à respecter les objectifs initiaux prévus. Par ailleurs, en l'absence d'une planification rigoureuse, la communication au sein des équipes s'avère souvent chaotique, favorisant les malentendus et une coordination inefficace.

En synthèse, ne pas planifier un projet entraîne une cascade de conséquences négatives : définition floue des objectifs, gestion déficiente des ressources, délais non tenus, vulnérabilité face aux risques et communication défaillante. Ces faiblesses omniprésentes mettent en péril la réussite globale du projet.

L'absence de planification solide reste l'une des premières causes d'échec des projets, générant des dérives en délais, coûts et qualité qui compromettent les objectifs business. Ce tableau synthétise les risques majeurs associés, illustrés par des retours d'expérience (REX) concrets tirés de cas emblématiques comme le Sydney Opera House ou Healthcare.gov.

Risque majeur lié au manque de planification Effets observés dans les REX Exemple d’entreprise / projet Sources
1 Retards importants Jalons manqués, prolongation de plusieurs années pour certains grands projets (ex. durée multipliée par 3 ou 4). Projet Sydney Opera House (Australie) Poor Planning in Project Management: Lessons Learned
2 Dépassement de budget Coûts multipliés par 2 à 10 sur des projets complexes, budget initial largement dépassé. Projet Sydney Opera House, grands projets d’infrastructure publics. Poor Planning in Project Management: Lessons Learned
3 Scope creep Ajouts successifs de fonctionnalités non cadrées, forte part de rework, difficulté à figer une version livrable Projets logiciels dans de grands groupes (banque, assurance, télécom). Poor Planning in Project Management: Lessons Learned
4 Défauts qualité Bugs critiques en production, instabilité, dette technique élevée, besoin de corrections massives après mise en service. Portail fédéral de santé Healthcare.gov (États‑Unis). Poor Planning in Project Management: Lessons Learned
5 Perte de confiance des parties prenantes Insatisfaction des clients, image dégradée, remise en cause des capacités de l’équipe ou de l’organisation. Entreprises de services numériques (ESN) après échec de projet client, administrations après projets SI ratés. Une mauvaise planification peut entraîner l’échec du projet : En faites-vous trop ? - ITSharkz

Quels sont les avantages insoupçonnés d'une planification rigoureuse ?

Une planification rigoureuse, souvent perçue comme une tâche laborieuse, dévoile en réalité des avantages insoupçonnés qui vont bien au-delà de la simple organisation. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 77 % des organisations dotées d’un système efficace de gestion de projet atteignent leurs objectifs, contre seulement 56 % pour celles qui en sont dépourvues. Cet écart significatif de 21 points de pourcentage illustre l’impact tangible d’une approche structurée. En plus de poser des bases solides, la planification permet d’anticiper les éventuels risques et d’optimiser l’utilisation des ressources, réduisant ainsi le gaspillage. En clarifiant les objectifs et les étapes à suivre, elle améliore naturellement la communication entre les membres de l’équipe, renforçant à la fois leur cohésion et leur motivation. De surcroît, une planification soignée fournit une vue d’ensemble du projet, ce qui simplifie la prise de décisions rapides et éclairées face aux imprévus. Par ailleurs, les données soulignent l’importance cruciale d’outils adaptés : 77 % des projets performants et des responsables impliqués s’appuient sur des logiciels de gestion appropriés. À l’inverse, 44 % des chefs de projet négligeant cette ressource essentielle voient leur risque d’échec s’accroître sensiblement.

Elle crée un cadre dans lequel chaque acteur connaît son rôle et ses responsabilités, ce qui réduit les conflits et les malentendus. Par ailleurs, cette démarche encourage l'adaptabilité, car un plan bien élaboré intègre des marges de manœuvre pour ajuster les actions selon l'évolution du contexte. Enfin, la planification rigoureuse contribue à la satisfaction des parties prenantes, en assurant la transparence et la traçabilité des progrès.

En résumé, les bénéfices clés de cette approche sont :

# Bénéfice Description
1 Anticipation des risques Identification et gestion proactive des aléas avant qu'ils n'impactent le projet
2 Optimisation des ressources Meilleure allocation des moyens disponibles et réduction des coûts inutiles
3 Communication et collaboration Fluidification des échanges et renforcement de la cohésion au sein des équipes
4 Prise de décision Aide à des arbitrages plus rapides et mieux éclairés à chaque étape du projet
5 Clarification des rôles Définition précise des responsabilités de chaque partie prenante
6 Flexibilité Meilleure capacité d'adaptation face aux imprévus et aux changements d'orientation
7 Transparence Suivi rigoureux et continu de l'avancement du projet pour toutes les parties

Quels sont les outils et méthodes incontournables pour élaborer un plan de projet efficace ?

Pour concevoir un plan de projet structuré et efficient, il est impératif de s'appuyer sur des approches méthodologiques validées et des outils pertinents, favorisant une organisation rigoureuse et l'anticipation des risques.

PRINCE2 (Projects IN Controlled Environments) est une méthode structurée axée sur les processus, particulièrement adaptée aux projets complexes ou publics. Elle apporte un cadre standardisé avec 7 principes, thèmes et processus (du démarrage à la clôture), favorisant une gouvernance claire et des points de contrôle réguliers. Appréciée pour son jargon commun qui facilite la collaboration multi-équipes et sa traçabilité, elle est parfois décriée pour sa rigidité bureaucratique, inadaptée aux environnements agiles ou innovants.

PMP (Project Management Professional) repose sur le PMBOK (Project Management Body of Knowledge), couvrant 10 domaines de connaissance : intégration, portée, délais, coûts, qualité, ressources, communications, risques, approvisionnements, parties prenantes. Elle offre des outils pratiques comme la matrice RACI ou l'analyse des risques, avec un standard universel qui renforce la crédibilité (certification reconnue). Appréciée pour sa flexibilité hybride et son focus sur les livrables mesurables, elle est critiquée pour son coût de certification et son aspect théorique si mal appliqué.

PMBOK (Project Management Body of Knowledge), 7e édition, complète PRINCE2 et PMP en tant que guide de référence du PMI, structuré autour de 12 principes et 8 domaines de performance (stakeholders, équipe, cycle de vie, planification, projet, livraison, mesure, incertitude). Il apporte une approche moderne hybride intégrant agilité et prédictif, avec des outils comme les modèles prédictifs et adaptatifs. Apprécié pour sa flexibilité face à la complexité croissante des projets et son langage universel, il est parfois critiqué pour son évolution trop théorique et son manque de prescriptions pratiques détaillées par rapport à PRINCE2

Quelles sont les 5 causes les plus fréquentes d’échecs de projets ?

Les 5 causes d’échec les plus fréquentes qui impactent coût, délai et qualité sont : des objectifs flous, une mauvaise planification/estimation, un glissement de périmètre, une communication défaillante et des ressources/compétences inadéquates.

Objectifs flous et cadrage insuffisant

Un cadrage insuffisant en amont constitue l'une des sources d'échec les plus fréquentes et les plus sous-estimées. Lorsque les exigences sont mal définies, que le périmètre reste flou ou que les critères de succès s'avèrent contradictoires, les attentes des parties prenantes demeurent mal alignées et les décisions structurantes sont repoussées à des stades où leur coût est bien plus élevé. Il en résulte des dérives budgétaires, des retards significatifs et, en définitive, un livrable qui ne répond pas au besoin réel exprimé.

Planification et estimations irréalistes

La pression exercée pour livrer vite et à moindre coût conduit fréquemment les équipes à sous-estimer les charges de travail, les risques et la complexité intrinsèque du projet. Cette optimisme de façade se retourne invariablement contre le projet, rendant les délais intenables et les budgets insuffisants. Les équipes, en situation de surcharge, sont alors contraintes de réduire les phases de test et de contrôle qualité, compromettant durablement la robustesse du livrable final.

Glissement de périmètre

L'ajout progressif de nouvelles demandes et les changements d'exigences non arbitrés représentent l'un des phénomènes les plus insidieux de la gestion de projet. En l'absence d'une gouvernance rigoureuse du périmètre, chaque ajout non planifié allonge les délais et alourdit les coûts. Pour absorber ces évolutions non anticipées, l'architecture du système est souvent adaptée dans l'urgence, accroissant mécaniquement la complexité technique et multipliant les sources de défauts.

Communication et gouvernance défaillantes

Une gouvernance mal structurée constitue un facteur de risque majeur, souvent négligé au profit des aspects techniques. Des rôles insuffisamment clarifiés, une circulation de l'information déficiente et des prises de décision lentes ou contradictoires créent un environnement propice aux dysfonctionnements. Les blocages ne remontent pas à temps, les arbitrages tardent à être rendus et les équipes accumulent un travail de reprise considérable, entraînant surcoûts et retards difficilement rattrapables.

Ressources et compétences inadéquates

L'inadéquation entre les ressources mobilisées et les exigences réelles du projet constitue un risque structurel souvent identifié trop tardivement. Un manque de temps, de budget ou de profils clés, combiné à des compétences insuffisantes sur des sujets critiques, ralentit l'exécution et en dégrade la qualité. La concentration du savoir-faire sur un nombre restreint d'experts et une sous-traitance insuffisamment encadrée amplifient ces effets, générant des reprises coûteuses et des dérapages qui compromettent l'ensemble de la trajectoire du projet.

Le tableau ci-dessous récapitule cinq échecs de projets célèbres, en liant chaque cas à une des 5 causes principales d'échec (objectifs flous, planification faible, etc.) et leurs impacts sur coût, délai et qualité.

Projet Année Coût impliqué Cause principale (liée aux 5 frénétiques) Conséquences principales Source
Mars Climate Orbiter (NASA) 1999 125 millions $ Planification irréaliste (erreur unités lb/newtons) Désintégration totale, mission perdue clickup
Juicero (startup jus) 2013-2017 120 millions $ (levés) Objectifs flous (problème inexistant) Produit inutile, faillite rapide acceptmission
Ariane 5 Vol 501 1996 ~370 millions € (fusée) Ressources inadéquates (code réutilisé mal testé) Explosion 37s après lancement exoplatform
FoxMeyer Drugs ERP 1990s Économies non réalisées Glissement périmètre + planification faible Faillite de l'entreprise exoplatform+1
Quibi (vidéo mobile) 2020 1,75 milliard $ (levés) Gouvernance/communication défaillante Fermeture en 6 mois malgré hype acceptmission

Au-delà de PRINCE2, PMP et PMBOK, retrouvez les outils et méthodes clés pour bâtir un plan de projet solide, regroupés par catégorie.

La méthode SMART : définir des objectifs véritablement mesurables

La méthode SMART constitue une pierre angulaire pour la définition d'objectifs spécifiques, mesurables, atteignables, réalistes et temporellement définis. Cette approche facilite l'évaluation des progrès accomplis et assure une direction claire pour tous les acteurs impliqués.

Cependant, attention aux faux objectifs SMART ! Voici un tableau comparatif pour distinguer les objectifs véritablement SMART de ceux qui ne le sont pas :

Critère Exemple imprécis Exemple concret et précis
S (Spécifique) Améliorer les ventes Augmenter les ventes de PC portables de 20% pour les régions PACA et IDF (comparaison mensuelle année n / n-1)
M (Mesurable) Se rapprocher de la comptabilité pour mesurer l'avancement Mesurer via le CRM : passer de 50 à 60 contrats signés sur 6 mois, avec suivi mensuel des leads qualifiés issus de la base clients existante
A (Atteignable) Mobiliser l'équipe commerciale et solliciter le contrôle de gestion pour des reportings plus détaillés Recruter 2 commerciaux dédiés et former l'équipe actuelle (10 personnes) via 4 sessions internes, en s'appuyant sur le budget ABC de 15 000 € alloué. Équipe projet dédiée à 80% jusqu'au 15 juillet 2026
R (Pertinent/Réaliste) Améliore notre efficacité commerciale. Motive notre équipe commerciale Contribue à l'objectif d'entreprise de réduire l'empreinte carbone de 15% d'ici 2027. S'inscrit dans l'axe stratégique 2028 et le schéma directeur SI
T (Temporellement défini) Atteindre cet objectif d'ici la fin de l'année Atteindre cet objectif d'ici le 30 juin 2026

Ce tableau illustre l'importance de la précision dans la formulation des objectifs. Un objectif véritablement SMART ne laisse aucune place à l'ambiguïté et permet à chacun de comprendre exactement ce qui est attendu.

Outils de planification visuelle

Le diagramme de Gantt s'impose comme un outil de référence en matière de planification visuelle, permettant de représenter l'ensemble des tâches, de leurs durées et de leurs interdépendances sur une ligne de temps structurée. La Work Breakdown Structure vient compléter cette approche en décomposant le projet en livrables hiérarchisés, offrant ainsi une base solide pour l'estimation rigoureuse des charges et l'attribution claire des responsabilités. Utilisés conjointement, ces deux instruments constituent le fondement d'une planification partagée et intelligible par l'ensemble des parties prenantes.

Analyse et gestion des risques

L'anticipation des risques représente une discipline à part entière dans la conduite de projet, et la matrice des risques en est l'outil central. Elle permet de hiérarchiser méthodiquement chaque menace identifiée selon sa probabilité d'occurrence et son niveau d'impact potentiel, en associant à chacune une stratégie d'atténuation adaptée. Quatre leviers d'action sont généralement mobilisés à cet effet : l'évitement, la réduction, le transfert ou l'acceptation du risque.

Méthodologies agiles

Les méthodologies agiles ont profondément renouvelé les pratiques de gestion de projet en plaçant l'adaptabilité et la livraison continue de valeur au cœur de l'organisation du travail. La méthode Scrum structure l'exécution en cycles itératifs de deux à quatre semaines, articulés autour de rôles clairement définis et d'artefacts partagés tels que le Product Backlog et le Sprint Backlog. Kanban privilégie quant à lui la fluidité opérationnelle en visualisant le flux de travail sur un tableau structuré et en limitant le nombre de tâches traitées simultanément, réduisant ainsi les goulots d'étranglement.

Plateformes numériques de gestion de projet

Les plateformes numériques jouent aujourd'hui un rôle déterminant dans la centralisation de l'information, la coordination des équipes et la maîtrise des risques de dérive. Trello propose une interface Kanban intuitive particulièrement adaptée aux équipes de taille petite à moyenne, tandis que Microsoft Project offre des capacités avancées de planification, de gestion des ressources et de reporting répondant aux exigences des projets les plus complexes. Des solutions telles qu'Asana ou Jira complètent cet écosystème en assurant un suivi granulaire des tâches, des dépendances et des indicateurs de performance, favorisant ainsi la réactivité et la collaboration au sein des organisations.

Comment anticiper les imprévus en l'absence d'un plan initial ?

Considérons le cas d'une équipe projet qui se lance sans avoir préalablement établi de plan structuré, et qui est soudain confrontée à un imprévu majeur : l'annulation, à la dernière minute, de la livraison par un fournisseur clé. Face à cette situation et malgré l'absence d'un cadre préétabli, la capacité de réagir efficacement devient cruciale. Plutôt que de céder à la panique, l'équipe choisit d'adopter une posture proactive, en organisant promptement une réunion de crise. Cette rencontre leur permet de collecter et analyser rapidement les informations disponibles avant d'identifier différentes options possibles : trouver un fournisseur alternatif, réajuster le calendrier initial ou redistribuer les tâches pour limiter l’ampleur des répercussions. Une telle réactivité s’appuie sur une communication fluide et un esprit collaboratif établis en amont. Ce scénario met en lumière une vérité fondamentale en gestion de projet : en l'absence de plan prédisposé, la capacité à anticiper efficacement les imprévus repose sur la mise en place de mécanismes adaptatifs et sur des processus de décision collective dynamiques et rapides. Il s'agit moins de prévoir minutieusement chaque risque potentiel que de s'assurer que l'équipe dispose des moyens de répondre avec agilité aux aléas. Cela passe par la promotion de valeurs telles que la flexibilité, la réactivité et la solidarité au sein du groupe.

Quel est l’impact d’un manque de planification sur la cohésion d’équipe et la communication ?

Le manque de planification dans un projet peut sérieusement compromettre la cohésion d'équipe et désorganiser la communication interne. En l'absence d'un cadre structuré, les membres de l'équipe tendent à fonctionner de manière isolée, chacun s'appuyant sur sa propre interprétation des objectifs. Cette situation engendre des incompréhensions, des conflits et des tensions. Une telle désorganisation érode la confiance mutuelle et affaiblit la coopération, deux éléments fondamentaux pour garantir la réussite collective.

En quoi la désorganisation peut-elle entraîner une spirale négative ?

Lorsque la communication fait défaut, les informations peinent à circuler efficacement, ce qui accentue les frustrations et alimente les conflits. Ce mécanisme engendre un cercle vicieux pouvant entraîner une diminution marquée de la motivation et de la productivité. Par ailleurs, l'absence de planification limite les occasions d'engager des discussions constructives, pourtant essentielles pour ajuster les stratégies et résoudre les problèmes avec réactivité. Une équipe bien coordonnée ne se contente pas de célébrer ses réussites, elle partage également les obstacles rencontrés, favorisant ainsi une capacité d'adaptation dynamique face aux imprévus. Avec un taux moyen de performance des projets établi à 73,8 % dans les organisations sondées, il est évident qu'un potentiel d'amélioration substantiel subsiste.

En somme, planifier un projet n'est pas seulement une question d'organisation technique, mais aussi un levier crucial pour bâtir une communauté d'équipe soudée et performante.

Conclusion

La planification est le garant du succès opérationnel. Les données du PMI sont formelles : l'impréparation engendre un coût direct, particulièrement pour les projets d'envergure dont le taux d'échec croît avec la taille du budget.

Indispensable pour anticiper les risques et optimiser les ressources, une stratégie structurée transforme la gestion de projet en clarifiant les responsabilités, fluidifiant la communication et favorisant une réactivité proactive face aux incertitudes.

Plus qu'une formalité, planifier est un levier de performance. Investir dans cette phase préparatoire, c'est sécuriser ses investissements et garantir une exécution pérenne.

Quelles sont les 10 premières étapes essentielles avant de lancer tout type de projet ?

Pour maximiser les chances de succès de votre projet, structurer dès le départ est indispensable. Voici quelques conseils rapides pour bien démarrer :

  1. Définir des objectifs SMART et un périmètre clair.
  2. Identifier les parties prenantes et recueillir les besoins.
  3. Réaliser une étude de faisabilité technico-financière.
  4. Élaborer le WBS (Work business structure) pour décomposer le travail.
  5. Estimer durée/coûts avec une méthode ‘planning poker’ ou des experts.
  6. Allouer ressources et compétences disponibles.
  7. Identifier/analyser risques au travers d’une matrice probabilité Vs impact).
  8. Définir les jalons, le budget et les indicateurs KPI.
  9. Valider le plan avec le sponsor et l’équipe projet (kick-off).
  10. Documenter la baseline (référence pour suivi).

Sources et références

[1] Project Management Institute (PMI), Pulse of the Profession 2020, affirme que 11,4 % des investissements de projets sont perdus à cause de mauvaise performance dans la gestion : https://www.pmi.org/learning/thought-leadership/pulse/pulse-of-the-profession-2020

[2] KPMG, sondage cité par Blog Gestion de projet, révèle que 70 % des entreprises admettent avoir eu un échec dans l'un de leurs projets : https://fr.scribd.com/document/226226852/KPMG-2010-Project-Management-Survey-Report

[3] Alice Svadchii, Best of Business Analyst, « Pourquoi 83% des projets informatiques échouent-ils? », basé sur le Standish Group Chaos Report 2015, indique que 31,1% des projets sont stoppés en cours de route et ne sont donc jamais déployés : http://alain.battandier.free.fr/IMG/pdf/chaosreport2015-final.pdf

[4] Selon le Standish Group CHAOS Report 1994 (8 576 projets), seulement 16,2 % des projets IT réussissent pleinement. Les grandes entreprises font encore pire : 9 % de succès seulement : https://personal.utdallas.edu/~chung/SYSM6309/chaos_report.pdf

[5] PWC (PricewaterhouseCoopers), étude citée par Stafiz, démontre que 77% des organisations avec un bon système de gestion de projet atteignent leurs objectifs, contre 56 % des entreprises qui n'en possèdent pas : https://www.pmi.org/-/media/pmi/documents/public/pdf/learning/thought-leadership/pulse/pmi-pulse-2020-final.pdf

[6] Selon le Standish Group CHAOS Report 2015, les projets Agile réussissent 3 fois plus (58 %) que les projets waterfall traditionnels (19 %) : https://www.studocu.com/da/document/erhvervsakademi-aarhus/systemudvikling/chaos-report-2015-the-standish-group/19026719

[7] PMWares, « PMI Pulse of the Profession 2024 – Summary & Key Insights », indique que les organisations offrant des programmes de soutien constatent une augmentation de 8,3% de la performance des projets : https://pmwares.com/pmi-pulse-of-the-profession-2024-summary-key-insights/

[8] Selon le rapport PMI Pulse of the Profession 2020 (page 6), les organisations à maturité élevée (77%) en gestion de projet affichent des performances supérieures aux organisations à faible maturité sur toutes les métriques clés https://www.pmi.org/-/media/pmi/documents/public/pdf/learning/thought-leadership/pulse/pmi-pulse-2020-final.pdf

[9] Planzone, « 28 statistiques sur la gestion de projet qui vont vous surprendre », affirme qu'un gros projet a 10 fois plus de probabilité d'échouer complètement : https://www.planzone.fr/blog/statistiques-gestion-projet-surprenantes

[10] Stafiz, « Les 10 principales causes de l'échec d'un projet », précise que le taux d'échec des projets dont le budget est supérieur à 1 million de dollars est 50% plus élevé que celui des projets dont le budget est inférieur à 350 000 dollars : https://stafiz.com/principales-causes-echec-projet

[11] Selon le PMI Pulse of the Profession 2021, 12 % des projets réalisés ont complètement échoué (abandonnés), 40 % ont dérivé et seulement 48 % ont réussi pleinement : https://fr.scribd.com/document/523568152/2021-PMI-pulse

[12] Project Management Institute (PMI), rapport Pulse of the Profession 2018, identifie que 39% des organisations considèrent le changement des priorités comme étant la principale cause d'échec de projet : https://www.pmi.org/-/media/pmi/documents/public/pdf/learning/thought-leadership/pulse/pulse-of-the-profession-2018.pdf