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Développer une “culture de la gagne”, l’exemple des Brooklyn Nets

Rédigé par Rémi Koci | 19 juin 2019

 

Vous n’avez sans doute jamais entendu parler de la petite équipe de Brooklyn en NBA qui n’a pas encore été championne mais qui a réussi cette année à se qualifier pour la première fois depuis quatre ans en Playoffs. Cette qualification, qui peut paraître anodine pour les non-initiés, marque le succès d’une longue reconstruction des Nets entamée en 2016. Les facteurs clés ? Culture, approche collaborative et responsabilisation !

“I am very excited to be named the General Manager of the Brooklyn Nets, and to become a member of the vibrant and dynamic organization that represents Brooklyn. I would like to thank Nets’ ownership for giving me this opportunity, and I look forward to the challenge of creating a unified culture and building a winning team.” - Sean Marks, le jour de son arrivée en tant que General Manager le 18 février 2016

Vous êtes sur le point d’embarquer dans un voyage au cœur de l’équipe des Brooklyn Nets et de leur transformation. Prenez un café, installez-vous confortablement, et assurez-vous que vous avez 15 minutes devant vous pour savourer pleinement ce dossier complet. Comme le dit si bien Sean Marks, l’essentiel se cache dans les détails.

Des débuts catastrophiques

Pour comprendre l’ampleur du travail réalisé, il faut en connaître le contexte : la franchise des Nets déménage en avril 2012 du New Jersey pour s’installer à Brooklyn, pleine d’espoir et avec de grandes attentes après trois saisons médiocres et aucun titre NBA à son actif. Malgré une première saison correcte qui se termine par une élimination au premier tour des Playoffs, le top management décide de passer à la vitesse supérieure et échange cinq de ses joueurs et quatre choix de drafts pour récupérer trois anciens champions NBA (Kevin Garnett, Paul Pierce et Jason Terry) des Boston Celtics.

Pour information, la draft est un système de sélection de joueurs organisée chaque année permettant aux 30 équipes de choisir à tour de rôle un joueur n’évoluant pas encore dans la ligue (jeune joueur universitaire ou étranger par exemple). L’ordre de ces choix est tiré suivant une loterie pondérée de sorte que les équipes au plus mauvais bilan aient le plus de chance d’obtenir le premier choix. En somme, ce système est une assurance mise en place par la NBA afin qu’une équipe ayant de mauvais résultats puisse acquérir les meilleurs joueurs entrant dans la ligue et ainsi réguler partiellement la compétitivité au sein de la ligue.

Et, les Nets venaient alors de faire une croix sur cette assurance pour les années à venir.

L’équipe a donc sacrifié sa sécurité future pour trois superstars du basket en fin de carrière en espérant décrocher les prochains titres NBA. Cette stratégie ne s’est pas du tout avérée payante puisqu’elle a été éliminée au second tour des Playoffs l’année suivante, puis au premier tour, avant de ne plus du tout s’y qualifier et être vraisemblablement condamnée à plusieurs années de misère.

Cet échange, aujourd’hui appelé “The Trade”, est d’ailleurs considéré comme the worst trade in NBA history, voir pour certains, le pire échange de l’histoire tous sports confondus.

Une nouvelle culture insufflée par un nouveau General Manager

Le 18 février 2016, alors que l’équipe en est à 14 victoires pour 40 défaites, les propriétaires des Nets décident d’engager Sean Marks au poste de General Manager en espérant inverser la tendance.

Alors peu connu, Sean Marks a pourtant joué 10 ans en NBA et avait même remporté un titre de champion NBA avec les San Antonio Spurs (95% de sa carrière passée sur le banc de touche, mais quand même). Assistant Coach et Assistant GM dans cette même équipe pendant deux saisons auprès du célèbre Coach Greg Popovich et du General Manager R.C. Buford, qui ont réussi à faire des Spurs une véritable dynastie tournée autour de l’humilité et la continuité, on peut supposer qu’il a été à bonne école !

There probably are very few people who had careers as long as Sean [Marks] had while getting as few minutes, and there’s a good reason for that : In every role he’s had, he’s been a culture builder [...] He’s got an unbelievably engaging personality. That’s why he gets people to believe his vision. That’s the reason there’s such an impact he can have. - R.C. Buford au sujet de Sean Marks

“Culture” justement, ce terme aura été entendu 15 fois durant le discours d’introduction de Sean Marks, c’est son véritable fer de lance : “Je parle tout le temps de culture. Je parle tout le temps de valeurs et d’individus. De toute évidence, je dois la vivre [la culture], mais tout le monde ici doit la pousser et nous savons que ça ne se fera pas en une nuit. Nous voulons mettre en place quelque chose qui va durer. Nous voulons prendre des décisions stratégiques qui mèneront vers quelque chose qui vivra encore dans deux ans. Cela se construira au fur et à mesure et ça commence par le bas. Ça commence avec les individus.” avait déclaré Sean Marks en décrivant sa vision à NBA.com

En résumé, son intention était de mettre en place une dynamique long-terme et incrémentale autour de la collaboration, la confiance, l’humilité et le sentiment d’appartenance à une même famille.

Des décisions managériales cohérentes pour instaurer la culture

Comme il le dit lui-même, pour insuffler une nouvelle culture il se doit de montrer l’exemple, mais la réussite dépend surtout de l’implication de tous les membres du groupe. Il a donc fait des choix stratégiques dans son entourage.

It was clear to us that although the player development's part of it, it stood out, it was more than just that. It was what Kenny brought to the table. It was his character, his values, and perhaps above all else, it was his passion for the job. - Sean Marks lors du discours d’introduction de Kenny Atkinson

Seulement trois mois après son arrivée, Sean Marks recrute un tout nouveau Head Coach en la personne de Kenny Atkinson, encore Assistant Coach à l’époque. Le Head Coach et ses assistants définissent les stratégies de jeu de l’équipe et la NBA connaît beaucoup de coachs réputés pour leur ajustement en match ou leurs tactiques ingénieuses. Mais Kenny Atkinson n’est pas l’un d’eux. Lui est surtout connu pour ses talents dans le développement de joueurs leur offrant un coaching personnalisé pour développer leurs atouts individuels.

Ce choix de Sean Marks confirme sa volonté de reconstruire une équipe qui donne sa chance aux jeunes joueurs en les formant dans un processus à long-terme et une culture “col bleu” avec pour règle “Work hard to be a part of something bigger than yourselves”. Ça nous rappelle d’ailleurs la philosophie d’humilité et de mise au service de l’équipe des Butler Bulldogs dont on vous parlait dans cet article 😉

En 3 ans, Sean Marks s’entoure de 65 nouvelles recrues de confiance à tous niveaux (Assistants GM, Statisticiens, Staff Médical, ...), surtout dans les domaines du repérage de joueurs et du développement des joueurs. Ses principaux critères de recrutement ? Motivation, partage de l’intention et fit avec la culture !

The people who bought in and saw the potential, this vision, they’re the ones building it. This is 65 basketball operations people. This is 400 people on the business side. [...] People didn’t come to Brooklyn because they didn’t have a choice: I had to pry them out of places. - Sean Marks au Nets Daily

Interrogé dans une interview par John Schuhmann sur son processus de décision lors du recrutement d’un joueur, Sean Marks décrit une approche collaborative où tout le monde est invité à prendre la parole : “Tout le groupe est dans la pièce [salle de réunion du front office]. Ici, nous collaborons. Ce n’est pas juste moi et mes assistants. Si tout le monde est disponible, tout le monde est dans la pièce”, ajoutant que ses partenaires sont force de propositions et “ce n’est pas seulement nous [lui et ses assistants] qui menons les discussions et posons des questions”.

Ainsi, ils assemblent une équipe très jeune, dont l’âge moyen des cinq titulaires est de 23 ans, encadrée par trois vétérans (Ed Davis - 9e saison en NBA, DeMarre Carroll - 10e saison en NBA, et Jared Dudley - 13e saison en NBA). Le tout forme une belle alchimie, le mélange parfait de jeunes joueurs motivés, au potentiel illimité, dans un cadre qui favorise leur développement long-terme, avec des vétérans qui connaissent la ligue, possèdent l’expérience et l’intelligence du jeu et qui sont capables de les leader au niveau mental.

Mais là où la “magie” de cette culture est la plus surprenante, c’est que tous ces joueurs sont arrivés à Brooklyn alors qu’ils devaient eux-mêmes reprendre leur carrière en main à l’image de la franchise : “Vous l’avez vu avec beaucoup d’entre-nous ici puisque, que ce soit Caris LeVert ou Jarrett Allen qui étaient de faibles pick de draft ou d’autres gars qui ont été transférés, remerciés, expulsés ou autre, nous sommes comme une bande de marginaux, une bande de rejetés qui avons trouvé une seconde opportunité ici et avons pu nous rallier autour de ça.” confie le joueur Joe Harris lors d’une interview à Sarah Kustok & Zach Lowe pour ESPN

You have a lot of guys that are in similar situations and go by a similar mindset and when you're all fighting for the same thing, at least in my experience, it’s easier to rally together. - Joe Harris

Le joueur Caris LeVert exprimera lui aussi le même ressenti à Anthony Puccio : “C’est spécial, c’est définitivement spécial pour nous d’être le fit pour la reconstruction de cette organisation [...] Venir à Brooklyn avec cette troupe de jeunes gens recrutés par cette équipe, on a l’impression qu’on est tous ici pour grandir ensemble. On sort ensemble, on mange ensemble… C’est vraiment spécial."

Comme le mentionne Caris LeVert, un véritable sentiment familial s’est instauré, traduisant l’intention de départ de Sean Marks. Il fait d’ailleurs construire un Family Lounge pour les familles de joueurs dans le Barclays Center (le stade de l’équipe), fournissant des baby-sitters, des stations pour changer les couches et exposant une immense photo de l’ensemble des enfants jouant au basket ensemble. Grâce à cet investissement, la fréquentation du stade par les enfants des joueurs est passée de 3 à 33 enfants ce qui a beaucoup amélioré la cohésion au sein des joueurs et leur sentiment d’appartenance.

Pour Sean Marks, c’est dans ces petits détails que se crée de la valeur !

Enfin, conscient que la communauté Nets doit aussi englober les fans, la direction des Nets est allée physiquement à leur rencontre et a pris le parti de financer les places de la Brooklyn Brigade, club de supporters autonomes, en leur réservant tout une section du stade. Ils sont d’ailleurs eux-mêmes responsabilisés pour distribuer ses places au sein de leur club sans que la direction n’ait son mot à dire.

Chez Aneo nous croyons (vous aussi j’espère !) en ce type de culture, fondée sur l’humain et ses interactions et nous trouvons déjà remarquable de le voir implanté dans une franchise NBA. Mais le plus incroyable, c’est la façon dont les joueurs incarnent cette culture et l’illustrent sur le terrain !

L’appropriation de la culture au niveau opérationnel, par les joueurs

I think any time you put in a lot of work and you’re trying to believe in a process, be dedicated to that one-percent-better mentality, you need to understand you may not see the fruit to your labor tomorrow or the next day or the next week. But we all keep hammering away at that process, at that stone, eventually it’s going to break. Just taking that step is huge - Le joueur Spencer Dinwiddie, exprimant sa vision du process long-terme dont il fait partie à Anthony Puccio

Côté basket, Bastien Fontanieu du magazine Trashtalk décrit le style de jeu des Nets comme : “un jeu qui se base sur l’ensemble des efforts cumulés, un gros travail collectif qui permet du coup aux Nets d’être peu prévisibles et surtout d’être extrêmement relou à affronter. Quand t’as des types qui se ramènent sans véritable envie de lumière mais qui veulent juste sauter sur le moindre ballon perdu pour aider les copains, ça peut vite devenir intense et frustrant.”

Cette humilité se voit sur le terrain mais aussi sur le banc car avant d’être reconnus comme une équipe dangereuse, les Nets ont surtout été célèbres dans toute la ligue pour leurs célébrations fantasque à chaque action importante. La preuve en image :

 

Ces danses qui peuvent sembler futiles sont pourtant un bel exemple de la mentalité collective de l’ensemble des joueurs qui prennent du plaisir à voir leurs coéquipiers briller. Et ce n’est pas anodin car, bien que le basket soit un jeu qui se veuille collectif, la vérité est toute autre au sein des joueurs qui sont en concurrence pour obtenir plus de temps de jeu ou négocier un meilleur salaire auprès de leur équipe ou d’une autre l’année suivante. Et quand on est mis sur le banc et qu’on voit son back-up assurer, le mindset peut flancher… mais pas à Brooklyn.

À ce sujet, Joe Harris dira à ESPN dans l’interview précédemment citée : “Nous sommes tous humains donc tu as ton ego qui entre en jeu, tu es compétitif, tu veux jouer, mais Kenny [Atkinson], Sean [Marks] et tout le coaching staff font un bon boulot pour maintenir un certain niveau de transparence. Par exemple, les matchs où j’allais jouer peu, voire pas du tout, Kenny s’entretenait avec moi en amont. Il nous disait qu’on doit rester prêts, que tu ne sais pas quand l’opportunité peut arriver mais ça ne va pas te rendre service ni à toi ni à l’équipe de te morfondre ou de ne pas encourager les gars qui sont sur le terrain. On doit rester prêts et garder un certain niveau de professionnalisme et je pense que ça se voit avec chacun de nous grâce au niveau de communication et de transparence qu’on a avec le coaching staff.”

Un collectif renforcé dans l’adversité

Malheureusement, lorsqu’une équipe est unie comme celle des Nets, un bouleversement soudain dans l’équilibre du collectif peut être fatal. C’est ce qui arrive le 12 novembre 2018, non pas à cause d’une mauvaise décision managériale mais à cause de la blessure de l’un des meilleurs d’entre eux.

Alors que la saison a commencé depuis moins d’un mois et que la franchise affiche un palmarès de 6 victoires pour 7 défaites, Caris LeVert, une pièce maîtresse de la reconstruction qui faisait alors le meilleur début de saison parmi ses confrères, est victime d’une terrible blessure dans un match qui sera finalement perdu à Minnesota.

Même après avoir essuyé leurs larmes et tenu bon les quatre matchs suivants, la machine déraille : les Nets enchaînent 8 défaites.

Ces défaites sont d’autant plus difficiles pour Brooklyn que six de ces huit défaites se jouent à 6 points ou moins, dont l’une après deux prolongations, prouvant que le mental flanche en fin de match, là où le jeu se resserre et qu’il faut être le plus concentré.

Dans un club de basket comme dans une entreprise, ce type de situation mène souvent à des changements drastiques : par exemple un management plus directif et stressant, ou des licenciements, côté opérationnel comme managérial. Mais, encore une fois, pas chez les Nets !

The never-ending odyssey in this business is doing your homework and betting on people, their will and their drive. - Sean Marks au New York Times

Questionné trois mois plus tard sur comment ils ont réussi à redresser la barre, Sean Marks répond : “Nous [lui et Kenny Atkinson] n’avons jamais eu besoin de nous réunir tous ensemble pour dire “Allez les gars, il faut continuer à jouer dur”, ce sont les joueurs qui ont menés le mouvement, strictement eux.”

En effet, le jour suivant la huitième défaite, le coaching staff réunit l’ensemble des joueurs pour une session vidéo afin de revoir le match et constater les erreurs. Mais contrairement à d'habitude, cette session est réservée aux joueurs. Kenny Atkinson et son staff ont compris que les liens s'étaient brisés entre les joueurs, et qu’eux seuls pouvaient les renouer. Ils s’effacent alors pour laisser les joueurs analyser leurs erreurs en tant qu’équipe, sans coach pour leur dicter ce qui ne va pas. Les vétérans, notamment Jared Dudley prennent le lead et, comme le rapporte Joe Harris, Dudley adopte une posture de coach, au sens coaching en entreprise, amenant les joueurs à s'interroger eux-mêmes sur le rôle qu'ils pensaient avoir et celui qu'ils devraient réellement avoir.

It was very beneficial for us to be able to talk about things and voice our own opinion and how we feel about certain things. [...] Just taking that mindset, going into the game feeling fresh and feeling like we can say certain things and we can hold each other accountable, it’s pretty good. - le joueur Rondae Hollis-Jefferson donnant son feedback sur le meeting au New York Post

Ce player-meeting fut le déclic et, à cette série de défaites a suivi une série de 7 victoires successives, en battant dès le lendemain les Toronto Raptors, alors premier de la conférence Est, dans les dernières secondes alors qu’ils avaient perdu dans des conditions similaires quelques jours plus tôt. Encore mieux, ces 7 victoires s’inscrivent dans un run de 20 victoires pour seulement 6 défaites. La machine était définitivement relancée !

Et Caris LeVert quant à lui, aura miraculeusement refoulé le parquet dès le 8 février pour le plus grand plaisir de ses coéquipiers.

Au-delà du terrain, et tout comme Sean Marks qui y a mis un point d’honneur, les joueurs s’investissent auprès des fans et de la communauté : Jared Dudley, comme d’autres, offre des tickets gratuitement à des fans sur Twitter tout au long de l’année et Jarrett Allen s’illustre en remportant le March NBA Cares Community Assist Award, pour avoir notamment invité des écoliers au centre d’entraînement de l’équipe à participer à des ateliers autour des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques dans le basket, et pour avoir contribué au financement de leur matériel scolaire.

Enfin, l’engagement des joueurs est tel qu’ils n’ont presque pas pris de vacances cet été pour se préparer au mieux à la prochaine saison, comme le rapportait Jared Dudley à Brooklyn Nets France le 30 mai dernier : “Les joueurs de l’équipe s'entraînent déjà pour préparer l’année prochaine. Aucune équipe ne fait ça à part Brooklyn. Quand je serai de retour, j’aurai des entraînements avec D’Lo [D’Angelo Russell], Joe Harris, Caris LeVert, Rodions Kurucs, Dzanan Musa et DeMarre Carroll. Plus moi, ça fait 7 joueurs qui sont à Brooklyn pour bosser. Kenny est un génie pour tout le monde. Il travaille dur, il est honnête et la raison pour laquelle nous sommes bons c’est qu’il fait en sorte que tout le monde soit important. Personne n’est meilleur que les autres.“

Au bout de 3 ans de reconstruction, des résultats convaincants

Terminant en sixième place de la conférence Est et qualifiés pour les Playoffs, la saison des Nets s’arrête finalement dès le premier tour. Bien qu’ayant créé la surprise lors du tout premier match, ils perdront la série 4 à 1 contre l’équipe des Sixers de Philadelphie, qui reviennent eux aussi de loin et ont opéré une toute autre reconstruction (mais c’est une autre histoire 😉). Parmi leurs prestations, celle de fin de saison contre les Kings de Sacramento a tout particulièrement marqué les esprits : menés par D’Angelo Russell, tout le monde a mis la main à la pâte pour réaliser le plus gros comeback de l’année et gagner un match qu’ils perdaient pourtant de 25 points au début du dernier quart-temps.

En se mettant au service de l’équipe et en se développant collectivement, les joueurs se sont également tirés vers le haut et ont pu développer leurs compétences individuelles.

Petit tour avant/après de certains joueurs de l’équipe :

 

D’Angelo Russell, 22 ans et meneur titulaire arrivé à New York depuis Los Angeles où le président avait déclaré qu’il n’avait rien d’un leader, a été nommé parmi les All Stars de la conférence Est cette année et est de plus nommé pour le titre de meilleur progression de l’année. Son développement est un pu produit Nets.

 

Joe Harris, 27 ans et ailier titulaire qui a rejoint Brooklyn après une saison à Cleveland où il ne jouait que 3 minutes par match, a remporté le concours à 3 points cette année.

 

Jarrett Allen, 21 ans, pivot titulaire et seulement 22ème choix de draft, a réalisé une très bonne saison en établissant ses records personnels aux points et aux rebonds (24) et a fait parler de lui en étant l’une des huit personnes sur terre à avoir réussi à contrer LeBron James.

 

Spencer Dinwiddie, 26 ans et leader du banc des Nets : ses performances tout au long de l’année, dont celle où il a sauvé son équipe qui perdait de 6 points dans les trente dernières secondes, lui ont valu d’être dans les conversations du meilleur sixième homme de l’année. Il n’évoluait même plus en NBA avant de rejoindre Brooklyn.

Caris LeVert, 24 ans, arrière titulaire et seulement 20e choix de draft, aura été le leader des Playoffs avec une moyenne de 21 points par match seulement cinq mois après sa blessure.

And last but not least, le coach Kenny Atkinson figurait lui aussi dans les conversations pour le meilleur coach de l’année, et a d’ailleurs été félicité par nombre de ses pairs.

He’s one of the most respected coaches in our business because of the task he undertook… a culture change & a reinvention, taking a lot of players that were pushed aside by other teams… They’ve got a really valuable piece of the puzzle in him. - Coach Rick Carlisle des Dallas Mavericks

Comme les citations valent mieux qu’un long discours, voici quelques retours de joueurs :

We believed in coach Kenny and Sean [Marks] from day one [...] Their vision hasn’t changed – hard-working, competitive, consistent guys. We’re here, we just want to win. That’s been the vision - the goal since day one. It’s paying off, we’re in the Playoffs now and we all believe that we’re just getting started.” - Caris LeVert au Daily News

Wow! What a hell of a season! Want to thank the @BrooklynNets organization and my teammates for a Helluva ride! The foundation has been made and the future is bright!” - Jared Dudley sur Twitter

The moment I got to the city of Brooklyn I looked around and immediately saw people working on the road. It was that moment I felt the Brooklyn grit and what Brooklyn meant to a lot of people. The Nets organization welcomed me with open arms and told me not to worry about the past. Let’s get to work!” - Demarre Carroll sur Instagram

De journalistes :

These guys started from nothing, fwith few people watching, yet they worked hard, bought in, and became a part of something bigger than them. With a common goal in mind, they’ve all bettered the team and their individual games in the process — everything a good culture produces.” - Anthony Puccio

The Brooklyn Nets are a perfect example of how to build winning culture: hire people you believe in, empower them and LAY OUT. Trust their instincts & ride out the rocky patches knowing things will improve because of the conviction you have in the people you hired. And empowered.” - Brandon Tierney

Et des fans :

Sean Marks and Kenny Atkinson really revamped this entire organization. Took it from no mans land to a place where guys want to be and actually enjoy being a part of. The players love him, the development speaks for itself. Well deserved extension, excited for the future.” - Flatbush & Atlantic

 

Over the past 3 seasons, we’ve watched this franchise fully re-define itself & develop literally before our eyes: front office, head coach, & emerging young stars all established themselves HERE. And ALL of them are PROUD to be here. That’s huge” - Brooklyn Brigade

 

"Depuis le départ du New Jersey, il manquait quelques choses. Il y a eu des séries de Playoffs, il y a eu des Deron Williams, des Paul Pierce, etc… Mais ce n’était que des strass et des paillettes et il n’y avait rien de réel. Aujourd’hui je suis fier de ces gars-là car rien ne les prédestinait à tenir ce rôle-là et ils le tiennent avec fierté. C’est vraiment top ce qu’ils ont fait." - Quentin Tully de Brooklyn Nets France

 

Une culture définitivement ancrée

Lors de son speech d’introduction, Sean Marks annonçait : “Ce sont les personnes au sein de l’organisation qui vont définir cette culture. Donc ce sont les recrutements que nous allons faire durant les prochains mois, ces personnes-là seront les bonnes personnes pour développer cette culture, pour la mener, et vous ne la verrez pas seulement sur le terrain mais aussi dans les coulisses, au sein de la communauté. Nous serons tous à la même page avec une vision claire.”

On peut dire aujourd’hui qu’il a réussi à déployer sa vision et à établir une fondation solide pour l’avenir grâce à un management collaboratif et responsabilisant.

Renforcés par l’effet Playoffs, les Nets commenceront le prochain incrément de leur transformation à l’octobre prochain. D’ici là, ils auront des choix stratégiques à faire dès cet été pour recruter les dernières pièces du puzzle afin de passer du stade de la reconstruction à la consécration. Au vu du travail réalisé jusque-là, nous pouvons leur faire confiance !

On a hâte de voir jusqu’où cela va les mener et on espère que ces fondations ne soient que les prémices d’une dynastie aussi longue et prospère que celle des Spurs de San Antonio.