Entreprise aplatie ou communauté autogérée ?

  • Le 1 août 2019

En discutant avec mon oncle retraité, je lui expliquais que j’avais changé d’employeur, car je voulais tenter l’expérience d’une entreprise à la hiérarchie aplatie. Quand je lui ai décrit ses particularités, il m’a simplement répondu : « ça ressemble aux communautés autogérées qui ont été mises en place après 68. Ça n’avait pas vraiment marché ».

Cela m’a surpris comme comparaison. J’ai donc réfléchi, et je me suis demandé ce qui faisait que les entreprises à hiérarchie aplatie fonctionnent (par exemple Harley-Davidson a entrepris sa transformation il y a presque 40 ans) alors que les communautés autogérées ont finalement disparu.

Avant de vous livrer le fruit de mes réflexions, je tiens à préciser que je n’ai pas pris le temps de faire de recherche sur les communautés autogérées. J’en avais discuté dans ma jeunesse avec un de mes professeurs de lycée qui en avait fait l’expérience. Et c’est là ma seule connaissance de ce type de structure. Bref, cette analyse sera assez empirique.

D’abord, la comparaison est-elle justifiée ?

Je pense que oui. En effet, dans ces deux constructions sociales l’idée de base est d’avoir une liberté de création et de proposition pour chacun des individus. Chacun est libre d’exposer ces idées sans passer par une hiérarchie qui est de toute manière souvent inexistante.

Malgré tout, ces organisations ne sont pas synonymes d’anarchie. On doit donc convaincre les autres de l’intérêt de nos idées. C’est ce qui rend le processus décisionnel plus long que dans les structures conventionnelles où il y a toujours quelqu’un pour trancher. Enfin, ces constructions sont responsabilisantes. Ainsi, chacun est maître de la réalisation de son idée une fois celle-ci acceptée par l’organisation.

Alors, quelles différences ? Pourquoi l’une semble-t-elle fonctionner et pas l’autre ? Pour moi, cela tient à une chose : un objectif commun !

Une entreprise aplatie reste une entreprise et son but est donc de perdurer dans le temps. Cela passe par un objectif simple : il faut être rentable. De plus, dans l’entreprise où je suis, deux objectifs le complètent : assurer la satisfaction des clients et assurer la satisfaction des collaborateurs. Ces trois objectifs sont partagés par tous, et les idées que l’on propose vont dans le sens de l’accomplissement d’au moins l’un de ces objectifs.

Les communautés autogérées ne partageaient pas d’objectifs communs. Enfin, je pense que le seul objectif était de mettre en place une structure autogérée, qui permettait à chacun de s’épanouir. Le problème est qu’une fois la communauté mise en place, il n’y avait plus d’objectifs communs. Et ce sont donc les objectifs individuels qui ont été le moteur des membres. Forcément, ça ne dure pas, car à un moment ou un autre, la communauté devient un frein à l’accomplissement de ces objectifs personnels.

Pour le dire autrement, la création de la communauté était le but de ses membres. A contrario, l’aplatissement de l’entreprise n’est qu’un moyen d’atteindre un objectif plus vaste et partagé par ses membres. Ou encore, les communautés autogérées vivaient dans le présent tandis que les entreprises aplaties se construisent pour l’avenir.

 

Benjamin Garnier

Chef de projet

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